Interview du Dr Eric Chavigny, Président de la FNMR (Fédération Nationale des Médecins Radiologues)
Présentez-nous en quelques mots votre syndicat.
La FNMR (Fédération Nationale des Médecins Radiologues) est le syndicat historique des radiologues libéraux. Elle existe depuis plus de cent ans et rassemble aujourd’hui environ 3 500 adhérents, représentant près de 70 % des radiologues libéraux français.
Notre rôle est de défendre les conditions d’exercice de la profession, mais aussi de promouvoir une radiologie innovante, accessible et utile aux patients. Nous sommes particulièrement engagés sur les sujets d’accès aux soins, de prévention, d’innovation et d’organisation territoriale.
Avec quelles autres spécialités pouvez-vous être amenés à travailler ?
La réponse est simple : avec presque toutes !
La radiologie est au cœur du parcours de soins. Nous travaillons quotidiennement avec les médecins généralistes, les urgentistes, les chirurgiens, les oncologues, les rhumatologues, les pneumologues, les cardiologues et bien d’autres.
Nous aidons à poser les diagnostics, à orienter les traitements et à suivre leur efficacité. Mais la radiologie ne se limite plus à produire des images : grâce à l’essor de la radiologie interventionnelle, nous soignons également de plus en plus de patients par des techniques mini-invasives qui évitent souvent une chirurgie plus lourde.
Quels sont les principaux défis à relever par votre spécialité dans les prochaines années ?
Le premier défi est de répondre à une demande d’imagerie en constante augmentation tout en maintenant des délais d’accès raisonnables. Le développement des Plateaux d’Imagerie Médicale Ambulatoire de Proximité (PIMAP) constitue à cet égard une réponse concrète : ils permettent de renforcer les dépistages, d’améliorer l’accès aux soins non programmés, d’apporter une offre de radiologie interventionnelle de premier niveau au plus près des territoires, tout en consolidant le rôle de la médecine de ville en complément de la médecine d’établissement. Ils contribuent également à réduire les délais d’accès à l’imagerie, à limiter les déplacements inutiles des patients et à désengorger les structures hospitalières.
Le second est de poursuivre le développement de l’innovation, notamment l’intelligence artificielle et la radiologie interventionnelle.
Un enjeu majeur est également de préserver l’indépendance de la radiologie. Les radiologues doivent rester propriétaires de leurs centres et de leurs équipements afin de demeurer maîtres de l’évolution de leur spécialité, de leurs choix d’investissement et de l’organisation des soins au bénéfice des patients.
Enfin, nous devons continuer à renforcer l’accès à l’imagerie dans tous les territoires, car un diagnostic rapide est souvent la première étape d’une prise en charge efficace.
Quelles propositions concrètes pourriez-vous porter pour améliorer notre système de santé ?
Nous sommes convaincus que l’imagerie médicale peut contribuer à améliorer la qualité des soins tout en maîtrisant les dépenses de santé.
Le développement des PIMAP que j’évoquais à l’instant permet par exemple d’apporter scanners et IRM au plus près des patients, de réduire les délais, de limiter les transports inutiles et de désengorger les hôpitaux.
Investir dans le diagnostic précoce et la prévention est également un levier puissant pour éviter des complications, des hospitalisations et des arrêts de travail prolongés.
Pourquoi avez-vous adhéré et qu’attendez-vous d’Avenir Spé ?
J’ai toujours considéré que les spécialistes avaient davantage de points communs que de différences lorsqu’il s’agit de défendre l’accès aux soins et la qualité de l’exercice médical.
Avenir Spé permet de porter une voix collective, forte et crédible auprès des pouvoirs publics. J’attends de notre organisation qu’elle continue à fédérer les spécialités autour de propositions concrètes pour construire un système de santé plus efficace, plus accessible et plus proche des patients.


