Paris, le 7 janvier 2026
La grève des médecins libéraux engagée ces derniers jours atteint une ampleur inédite. Jamais, depuis le plan Juppé, une mobilisation d’une telle intensité n’avait concerné autant de professionnels exerçant en ville, toutes disciplines confondues.
La santé ne peut plus être gouvernée d’un PLFSS à l’autre, d’une PPL à une autre PPL, d’un rapport IGAS à un rapport de la Cour des Comptes en passant par la case rapport parlementaire avec comme seule variable d’ajustement l’activité des médecins libéraux et particulièrement celle des médecins spécialistes.
Petit à petit se dessine dans la loi comme dans l’esprit de la loi, la volonté d’une sur-administration de l’activité médicale, paramétrique, normée, comme n’importe quelle activité de service.
Ce contournement constitue une remise en cause profonde du pacte social qui fonde le modèle conventionnel français. La convention n’est pas un simple outil administratif. Elle garantit l’accès aux soins pour les patients, mais aussi l’indépendance professionnelle et déontologique des soignants. En fragilisant ce cadre, c’est la confiance entre les acteurs qui est atteinte, tout comme la viabilité économique de nombreux cabinets médicaux, que ce soit à travers la sous-valorisation chronique de certains actes par rapport au coût réel de la pratique, que ce soit à travers la remise en cause implicite des compléments d’honoraires aujourd’hui indispensables pour beaucoup à leur fonctionnement.
Dans un contexte de transformation profonde des pratiques, portée par l’innovation médicale, organisationnelle et numérique, les professionnels alertent sur l’impossibilité d’accompagner ces évolutions sans un cadre conventionnel stable et respectueux.
Face à cette situation, les médecins libéraux appellent à l’ouverture rapide de nouvelles négociations et à l’organisation d’états généraux associant l’ensemble des parties prenantes, y compris les usagers et les patients, afin de reconstruire le pacte social de la santé et refonder durablement les relations conventionnelles.
Vincent Pradeau,
Président
